Histoire & Patrimoine

Découvrez un résumé de l'histoire de la ville de Coutras et son patrimoine.

Coutras, au confluent de l’Isle et la Dronne, se situe au centre du triangle Bordeaux-Périgueux-Angoulême. De nombreux silex taillés et polis ainsi que des traces d’un camp romain témoignent d’une implantation humaine préhistorique.
La table de Peutinger, carte routière de l’empire romain, fait apparaitre Corterate. Corterat qui signifie « petite forteresse ».

Même si le château médiéval, détruit en 1731 par Odet de Foix (vicomte de Lautrec), et le moulin de Coutras n’existent plus aujourd’hui. Coutras a su préserver certaines richesses architecturales qui constituent le cachet de son centre-ville, notamment le puit Henri IV, l’église, l’hôtel de ville ainsi que quelques maisons particulières (notamment la maison du Pavillon, la maison de Lignières et la chartreuse de Ségur-Boirac).

Le 20 octobre 1587 à Coutras, lors des guerres de religion, l’armée protestante, commandée par Henri de Navarre (futur Henri IV), bat à plate couture l’armée catholique commandée par le duc de Joyeuse (favori d’Henri III).

Au matin du 20 octobre, en à peine 2 heures, la bataille se solde par la mort de 2000 catholiques. Les vainqueurs eurent moins de 50 morts. Étonnante disproportion puisque les effectifs des deux armées étaient presque équivalents : 4 000 à 5 000 fantassins dans chaque camp, 1 500 à 1 800 cavaliers aux côtés de Joyeuse et 1 200 à 1 500 auprès de Navarre.

Lors de ce combat, le duc de Joyeuse est assassiné avec son frère, Claude de Saint-Sauveur, en vengeance de la bataille de Saint-Eloy, 4 mois auparavant, au cours duquel 800 huguenots ont été exécutés.

Henri de Navarre se comporte de manière chevaleresque en organisant dès le lendemain de grandioses funérailles pour les victimes des deux camps. Il libère les prisonniers contre la promesse d’une rançon et renvoie les dépouilles de Joyeuse et de son frère à leur famille, transportées à Libourne puis à Paris.

Cette bataille est la première victoire des protestants sur les Catholiques. Elle constitue une marche essentielle à l’ascension au trône de France d’Henri de Navarre en 1589.

Il aura fallu plus de 50 ans de discussions, de 1837 à 1888, pour parvenir à la construction de l’hôtel de ville. En 1837, le maire Pierre Lalanne soumet au conseil le projet de bâtir une mairie à la place où, depuis la Révolution, la municipalité vivait en location. Sous le même toit furent réunis la mairie, la justice de paix, les écoles et des salles d’asile.

Construit de 1889 à 1888 grâce au travail d’Henri Goffre, ancien maire de Coutras, ce bâtiment d’allure classique est à l’image d’une maison bourgeoise. Son premier niveau s’inspire du style Louis XV avec ses murs aux joints fortement marqués, percés de baies arrondies et ornés de mascarons. Le second niveau rappelle le goût pour les lignes droites de la période Louix XVI avec ces pilastres à chapiteau corinthien et ses baies rectangulaires, couronnées de frontons triangulaires. L’ensemble de l’édifice est surmonté d’un toit à la Mansart, percé de nombreuses lucarnes. Les pierres de la façade sont en pierre de Sireuil (Charente), les toitures en ardoise d’Angers. La campanile/le petit clocher rappelle le puit Henri IV en face de la mairie.

Emblème de la ville, le puits “Henri IV” est associé au souvenir de la bataille de Coutras qui a eu lieu en 1587. C’est également un exemple intéressant d’architecture renaissance.

Seul vestige du château de Coutras détruit en 1731, le puits dit “Henri IV” est construit pendant la Renaissance en 1551. Il est alors l’un des ornements du parc réalisés pour le maréchal de Saint-André afin d’agrémenter le château.

Librement inspiré de l’architecture antique, le puits se présente comme un petit temple orné de colonnes doriques qui soutiennent un entablement dont la frise porte des roses et un glaive tranchant. Une oriflamme porte la devise du maréchal de Saint-André, “Nodos Virtute Resolvo” (“la valeur se joue des difficultés”) devenue la devise de la ville de Coutras. Un dôme à écailles de pierre surmonte le tout, sur son sommet on peut apercevoir un personnage chevauchant un dauphin.

Le puits doit son surnom au fait qu’il est, en 1587, le témoin de la bataille de Coutras qui oppose Henri de Navarre, futur Henri IV, au duc de Joyeuse.

Conservant son caractère symbolique par-delà les siècles, le puits est largement associé à la légende henricienne qui s’élabore à partir du XVIIIe siècle, suite à la publication de la “Henriade” de Voltaire. Selon la légende, Henri IV aurait été un habitué du château de Coutras.

Eglise très ancienne, Saint-Jean-Baptiste de Coutras est le témoin privilégié de tous les grands événements historiques qui ont marqué la ville depuis les temps mérovingiens jusqu’aux guerres de Religion.

En 1981, c’est à proximité de Saint-Jean-Baptiste que sont découverts les sarcophages du IVe siècle qui livrent les magnifiques bijoux mérovingiens de Coutras. On peut donc légitimement penser qu’un lieu de culte est élevé à cet endroit depuis cette époque. Néanmoins, ce n’est qu’au XIe siècle qu’on trouve la première mention de l’église, Étienne de Mont, seigneur de Coutras, donne l’église à l’abbaye de Guîtres.

En 1587, l’église Saint-Jean-Baptiste est au cœur des événements liés à la Bataille de Coutras, opposant l’armée protestante d’Henri de Navarre à l’armée catholique du Duc de Joyeuse. Les entrailles du Duc de Joyeuse, mort sur le champ de bataille, seraient enterrées dans l’église. Plus tard, en 1634, c’est également dans l’église de Coutras que l’Archevêque de Bordeaux lève l’excommunication de Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d’Épernon et mignon d’Henri III.

L’église romane est une première fois remaniée au XVe siècle ; elle est alors renforcée par deux bas-côtés. Ensuite, ce n’est qu’au XIXe siècle qu’elle connait de nouvelles modifications. L’ancien porche et la façade du XVe siècle sont démolis, un clocher-porche néo-gothique est érigé en 1874 et Pierre Durand, architecte bordelais, agrandit l’édifice de deux travées à l’ouest. Malgré ces différents remaniements, l’église conserve son clocher roman sur la croisée du transept.

Les sarcophages de l’église Saint-Jean-Baptiste

En 1981, une vingtaine de sarcophages mérovingiens sont découverts le long de l’église lors de travaux d’assainissement et fouillées avec l’aide du Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Coutras (GRAHC).

Mode d’inhumation le plus coûteux, ces sarcophages monolithes en calcaire du Blayais et de Charente sont datés entre le Ve et le VIIe siècle. Ils renferment des défunts au statut social élevé, comme en témoignent les bijoux qui les accompagnent. Cette découverte permet d’affirmer qu’à cette époque, Coutras est un bourg riche et relativement important.

Les sarcophages sont toujours visibles à l’intérieur de l’église Saint-Jean-Baptiste, alors que les bijoux précieux qu’ils ont révélés sont aujourd’hui conservés au musée d’Aquitaine à Bordeaux.

Une halle entourée de la mairie, de la place Ernest Barraud, du square berger et de l’église existait à Coutras jusqu’en 1862, data à laquelle elle fut détruite. En 1925, Justin Luquot, Maire de Coutras, décide d’édifier un bâtiment au centre bourg dans l’alignement de l’hôtel de la ville et à deux pas de l’église. Le projet de la municipalité n’est pas seulement d’abriter les étals de commerçants non-sédentaires, mais aussi de proposer à la population une salle des fêtes, une salle de sport et un lieu pour les réunions publiques.

L’architecte Bruno Lamy propose alors un bâtiment rectangulaire de 600 m2 dont le style des extrémités de la construction s’harmonise avec celui de la façade de la mairie et de l’église, lequel pouvait abriter 500 personnes assises.

5 années s’écoulèrent entre la décision de construire ce marché et son inauguration en 1935. Avec le temps, ce projet s’avéra sain à tout point de vue. Jusqu’en 1957, date de la construction de la salle Le Sully, de nombreuses manifestations politiques, sportives (dont les matchs de rink-hockey) et festives de Coutras se déroulèrent dans le marché couvert.

Coutras devient dès le milieu du XIXème siècle un nœud ferroviaire important. La gare de Coutras est mise en service le 20 septembre 1852 par la Compagnie d’Orléans, lorsqu’elle ouvre la section de Bordeaux à Angoulême et Paris.

Le 26 juillet 1857, la gare de Coutras devient un lieu de bifurcation incontournable lors de la mise en service de la ligne de Coutras à Périgueux.

La gare de Coutras ayant pris de l’importance, une gare de triage a rapidement été adjointe en 1905-1910. Ces travaux ont été très conséquents, prévoyant trois faisceaux, l’un central de 39 voies, et deux faisceaux d’attente de 9 voies et la construction d’un pont métallique sur l’Isle à côté du pont en pierre sur lequel passe la voie Bordeaux-Paris.
Pendant cette phase de travaux, un grave déraillement se déroula. Un train de voyageur, venant de Bordeaux a percuté de plein fouet un train chargé de charbon qui manœuvrait sur une voie adjacente, l’aiguillage n’ayant pas obéi. À retenir que cet accident est à l’origine d’un progrès technique qui permet, aujourd’hui encore qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas.
Durant les périodes sombres de l’histoire (14-45), la gare de Coutras a joué des rôles importants. Elle employait jusqu’à 550 personnes. Toute une économie et une vie sociale s’était liée à cette gare. En 1966, l’annonce de la fermeture de la gare de triage est perçue comme un choc. C’était la fin de ce qui était la plus grande gare de triage d’Aquitaine avec ses 40 km de voies.

Le château Eygreteau est situé dans un vaste domaine viticole de 40 hectares. Construit dans la seconde moitié du XIXe siècle, son architecture oscille entre le Moyen Âge et la Renaissance.

Avant d’être acheté par la commune en 1970, il sert d’abris pour les volailles de l’élevage. Totalement restauré en 1980 par les soins de la municipalité, ce château est à la fois moderne et empreint d’histoire. Aujourd’hui, il accueille cantines périscolaires, réunions et réceptions.

Le seuil de Coutras se situe à moins de 2 km en amont du confluent Dronne – Isle.
En condition d’étiage, le seuil génère une chute de 2,30 m et d’une rive à l’autre, sa longueur avoisine les 80 m de long. Cet ouvrage massif existe depuis le XVIème siècle.
À l’origine, il était associé à un moulin construit en rive gauche. Au début du XX siècle, le site fut transformé en minoterie. Plus tard, une usine prenait le relais. Aujourd’hui, le seuil est le seul organe vestige de l’ancien usage de la force hydraulique de l’eau à cet endroit.